Ciné Club

Les Ciné-club de la Salamandre
C'est, une fois par mois, l'occasion de voir ou revoir un grand classique du cinéma. La programmation des Ciné-club est élaborée avec le réseau de cinémas bretons Cinéphare. En 2018/2019, vous pourrez découvrir 12 chefs d'œuvres déclinés au fil de trois cycles : Ingmar Bergman, Free cinema, Los Angeles.
Présentation régulière des séances par Marc-André Boënnec et Christophe Stang, cinéphiles et membres de l'association La Salamandre.







CYCLE 

 "Ingmar Bergman"

Cent ans après sa naissance le 14 juillet 1918, Ingmar Bergman demeure aujourd’hui encore l’un des plus grands cinéastes de l’histoire du 7ème art. Auteur d’une soixantaine de films entre 1946 et 1982, la variété de ses univers et de ses propositions ne peut que nous faire survoler avec ce cycle une œuvre qui n’a cessé d’évoluer au fil des années.
Nous avons donc choisi quatre films emblématiques : Monika qui faisait dire à Godard en 1958 qu’il s’agissait du « film le plus original du plus original des cinéastes » ; Sourires d’une nuit d’été, vaudeville comique contenant pour Jacques Lourcelles « l’un des plus beaux quatuors d’actrices de l’histoire du cinéma » ; Persona, son film le plus expérimental, véritable renaissance pour le cinéaste qui pensait alors être à la fin de sa carrière et enfin Fanny et Alexandre, son « film testament » où ses thèmes et obsessions prennent corps dans une fresque romanesque magistrale et où il retrouve son actrice de Monika, Harriet Andersson.


MONIKA
de Ingmar Bergman (Suède - 1953 - 1h35)
Avec Naemi BrieseHarriet Andersson....
Monika, jeune fille éprise de liberté, et Harry, jeune livreur, fuient leur famille et partent vivre sur une île.

Le fameux regard-caméra de Monika qui bouleversa Godard (« Le plan le plus triste de l’histoire du cinéma », écrivit-il dans les Cahiers du cinéma) a placé Monika au sommet de la filmographie bergmanienne, avec l’estampille « premier chef-d’œuvre »  Télérama
Ciné club le mardi 25 septembre à 20h30










SOURIRES D'UNE NUIT d'ÉTÉ
de Ingmar Bergman (Suède - 1955 - 1h48)
Avec Ulla JacobssonEva DahlbeckHarriet Andersson ....
Séduisant quadragénaire, Frederik Egerman a épousé en secondes noces Anne, qui a l’âge de son fils Henrik. Épouse insatisfaite, Anne a pour confidente et complice Petra, la soubrette, dont les charmes ne laissent pas Henrik indifférent. Frederik retrouve son ancienne maîtresse, la comédienne Désirée Armfeldt. Celle-ci décide de le reconquérir. Avec la complicité de sa vieille mère amorale, Désirée organise un grand souper aphrodisiaque. Au cours d'une folle nuit, les couples se font et se défont…
Le titre fait évidemment référence au Songe d’une nuit d’été, la pièce la plus fantaisiste de Shakespeare — à laquelle Bergman emprunte également l’idée du philtre de séduction. Mais ces Sourires rappellent tout autant les jeux de l’amour et du hasard chers à Marivaux, avec des dialogues cinglants dignes de Beaumarchais. Délicieux. Télérama
Ciné club le mardi 30 octobre à 20h30



PERSONA
de Ingmar Bergman (Suède- 1966 - 1h24)
Avec Gunnar BjörnstrandMargaretha KrookBibi Andersson....
Les relations d'une actrice soudain frappée de mutisme et de son infirmière bavarde. Un processus d'osmose des personnalités va contribuer à la guérison de la comédienne, mais renforcera peut-être la solitude de l'infirmière.
Avec l’aide de ses deux comédiennes, stupéfiantes, Bergman avoue avoir fait acte de survie. « J’ai dit un jour que Persona m’avait sauvé. Ce n’était pas une exagération. Si je n’avais pas trouvé la force de faire ce film-là, j’aurais sans doute été un homme fini. » Télérama
Ciné club le mardi 27 novembre à 20h30




FANNY ET ALEXANDRE
de Ingmar Bergman (Suède - 1983 - 3h08)
Avec Pernilla AllwinBertil GuvePernilla August....
L'histoire se déroule dans la Suède du début du XXe siècle. Le film dépeint la vie d'un jeune garçon, Alexandre, et de sa soeur Fanny au sein d'une famille aisée, les Ekdahl. Les parents de Fanny et Alexandre travaillent dans le théâtre et sont très heureux ensemble jusqu'à la mort subite du père. Peu après ce drame, la mère trouve un prétendant, un évêque luthérien, et accepte sa proposition de mariage. Elle déménage chez lui avec les enfants ; c'est un endroit où règne une atmosphère sévère et ascétique. Les enfants sont soumis à son autorité stricte et impitoyable. C’est à travers le regard de deux enfants, l'évocation de toutes les étapes de la vie d'une femme au début du 20ème siècle. Fanny et Alexandre débute par une grande fête où se retrouvent autour d’une généreuse tablée tous les membres de la grande famille Ekdahl....
Le film est aussi visuellement somptueux, magnifiquement interprété. Seul regret, Bergman a renié cette version « courte », le film ne prenant sa vraie valeur, à ses yeux, que dans la version de cinq heures et quarante minutes. Trois heures de bonheur tout de même ! Télérama
Ciné club le mardi 18 décembre à 20h







CYCLE 

"Free cinema"

Dans une célèbre interview avec Alfred Hitchcock, François Truffaut se demandait à haute voix "s'il n'y a pas incompatibilité entre le mot cinéma et le mot Angleterre". "Cette phrase a été reprise partout et pendant 40 ans, elle a fondé les critiques françaises. Du coup chez nous, il n'y a presque rien d'écrit sur Alexander Mackendrick ou sur le Free cinema, qui a vu le jour pratiquement au moment où, en France, apparaissait le Nouvelle Vague" rappelait il y a quelques années Bertrand Tavernier. Ce cycle consacré au cinéma anglais est donc l'occasion de (re)découvrir cette cinématographie par trop méconnue qui dans les années 50 et 60 proposait pourtant des oeuvres passionnantes mêlant une approche documentaire et sociale à d'innovantes expérimentations formelles.


MANDY
de Alexander Mackendrick, Fred Sears (GB - 1952 - 1h33)
Avec Mandy MillerPhyllis CalvertTerence Morgan....
Mandy, sourde à sa naissance, est tiraillée entre ses parents qui ne sont pas d’accord sur l’éducation à lui donner. Sa mère l’inscrit dans une institution spécialisée où un professeur la convainc que, grâce à ses méthodes, Mandy pourra peu à peu apprendre à parler. Jaloux du professeur, le père retire l’enfant de l’institution…
Mandy, c’est l’autre au cœur de l’identique. C’est ­surtout un grand point d’interrogation adressé à ses parents, ­débusquant au fond d’eux-mêmes ce désir de reproduction sociale, à laquelle n’échappent souvent pas la majorité des enfants dits « normaux ».  Le Monde
Ciné club le mardi 29 janvier à 20h30




SAMEDI SOIR, DIMANCHE MATIN
de Karel Reisz (GB - 1955 - 1h29)
Avec Albert FinneyShirley Ann Field ....
Ouvrier tourneur dans une usine de Notthingham, Arthur Seaton oublie son travail abrutissant quand arrive le week-end. Là, il partage son temps entre le pub où la bière coule à flots, le lit de son amante Brenda, une femme mariée à l'un de ses collègues et les parties de pêche. Alors qu'il vient de rencontrer une belle jeune fille, Brenda lui annonce qu'elle est enceinte de lui. Cette nouvelle bouleverse le jeune homme qui va devoir se sortir de ce mauvais pas.
Ciné club le mardi 26 février à 20h30




LA SOLITUDE DU COUREUR DE FOND
de Tony Richardson (GB- 1962 - 1h45)
Avec Michael RedgraveTom Courtenay....
Par un soir d'hiver, à Notthingham, Colin Smith et son comparse cambriolent une boulangerie et s'enfuient avec la caisse. Le jeune Colin est arrêté et aussitôt envoyé en maison de redressement. Là, le directeur va vite découvrir ses talents de coureur de fond. C'est pendant ces longues courses solitaires que le jeune homme s'évade en rêveries, déroule le film de sa vie passée, avec ses douleurs familiales et ses joies amoureuses.
La Solitude du coureur de fond appartient au courant du Free Cinema, la Nouvelle Vague britannique, née dans les années 50 autour de la revue Sequence, aussi allergique au « cinéma de papa » que les Cahiers du cinéma » Télérama
Ciné club le mardi 26 mars à 20h30



BILLY LE MENTEUR (BILLY LIAR)
de John Schlesinger (GB - 1963 - 1h38)
Avec Tom CourtenayMona WashbourneEthel Griffies....
Dans une ville de province du nord de l’Angleterre, Billy Fisher qui vit toujours chez ses parents, est un employé de bureau dans une entreprise de pompes funèbres. Pour fuir cette morne existence, il se réfugie dans ses rêves, s’inventant un pays dont il est le héros.
Il a de surcroît promis le mariage à plusieurs filles, se mettant ainsi dans des situations impossibles. Seule, Liz le comprend et essaie de le sortir de son monde imaginaire en l’invitant à venir avec elle à Londres.
En dépit de quelques tout petits passages à vide, le film est vif, inventif, bizarre. Mélancolique juste ce qu'il faut sous son apparente gaieté. Télérama
Ciné club le mardi 30 avril à 20h30









CYCLE 

 "Los Angeles"

Un voyage dans le cité du cinéma par excellence au travers de cinq films qui nous montrent ses différents visages et font traverser six décennies du cinéma hollywoodiens.


POLICE FÉDÉRALE LOS ANGELES
de William Friedkin(USA - 1985 - 1h56)
Avec William L. PetersenWillem Dafoe....
Richard Chance est un flic tête brûlée, obsédé par la traque du faussaire Rick Masters. Le jour où son coéquipier est abattu alors qu’il menait une opération en solo, Chance va peu à peu dévier de la légalité pour parvenir à ses fins et régler ses comptes… dans un bain de sang.
Dans Police fédérale L.A, le mauvais goût des costumes années 1980 de William L. Petersen, l'envahissante musique aux synthétiseurs du groupe Wang Chung font aujourd'hui sourire. Mais, avec la brutalité sèche de ses scènes d'action, sa superbe photo (signée Robby Müller) et, surtout, sa vision de Los Angeles comme « un immense terrain vague gangrené par la violence et le cynisme sous un soleil brûlant » (écrit Friedkin dans ses Mémoires), ce diamant noir n'a rien perdu de son éclat.  Télérama
Ciné club le mardi 28 mai à 20h30





ASSURANCE SUR LA MORT
de Billy Wilder (USA - 1944 - 1h47)
Avec Fred MacMurrayBarbara Stanwyck ....
Walter Neff, un employé d’une compagnie d’assurances, tombe amoureux de sa cliente Phyllis Dietrichson qui réussit à le convaincre d’échafauder avec elle un plan pour supprimer son mari encombrant et violent et ainsi partager avec elle l’assurance-vie de ce dernier. Walter Neff, dont le meilleur ami Barton Keyes est un fin limier qui enquête sur les fraudes à l’assurance dans la même compagnie que lui, pense avoir trouver le plan parfait pour faire passer un meurtre pour un accident. Mais les choses ne se termineront pas comme prévu.
Ce film sulfureux, et dont l'audace avait alors effrayé la censure, vaut par son atmosphère créée par la mise en scène parfaite de Billy Wilder et aussi par la présence ensorcelante de Barbara Stanwick. France soir
Ciné club le mardi 25 juin à 20h30




LE PRIVÉ
de Robert Altman (USA- 1973 - 1h52)
Avec Elliott GouldNina Van Pallandt....
En pleine nuit, Terry Lennox demande à son ami Philip Marlowe, un détective privé, de le conduire de toute urgence au Mexique. Ce dernier accepte, mais à son retour il est fraîchement accueilli par la police. Sylvia, l'épouse de Lennox, a en effet été retrouvée assassinée et Marlowe est inculpé pour meurtre.
Tout paraît un peu faux, irréel dans cet univers étouffant de luxe et de calme, masquant la folie, l’impuissance, la pourriture de l’argent. Altman nous plonge dans une sorte de rêve éveillé, où défilent des hurluberlus (un psychiatre chichiteux, un malade tout emmailloté de bandages, etc). Où l’intimidation peut virer au strip-tease grotesque (l’occasion de voir Arnold Schwarzenegger, alors débutant, en slip jaune !). Où les rouleaux déferlant sur les plages magnifiques invitent au suicide. Télérama
Ciné club le mardi 23 juillet à 20h30




INVASION LOS ANGELES
de John Carpenter (GB - 1988 - 1h34)
Avec Roddy PiperKeith DavidMeg Foster....
Errant dans Los Angeles à la recherche d'un travail, John Nada, ouvrier au chômage, découvre un étonnant trafic de lunettes. Une fois posées sur le nez, elles permettent de détecter d'épouvantables extraterrestres décidés à prendre le contrôle de la planète.
Certains ont trouvé le discours de Carpenter simpliste : il nous paraît plutôt audacieux, a fortiori dans le contexte d'un cinéma américain bien timide dans la représentation du réel. Et puis il y a la mise en scène, comme toujours inventive et incroyablement dynamique. L'action file à toute allure, on ne s'ennuie pas, le message politique est discret mais présent. Que demander de plus ? Télérama
Ciné club le mardi 27 août à 20h30


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